Fontaine la culturelle, la belle célébration de nos équipements culturels!

12011322_10208311986863793_6531842126807829352_nNous célébrons cette année 3 anniversaires qui mettent en avant le dynamisme de la politique culturelle de notre ville :

  • La bibliothèque Paul Eluard a 50 ans
  • Le VOG centre d’art contemporain a 10 ans
  • La Source et l’École de musique (CRC) a 5 ans

Ce samedi 19 septembre, nos équipements nous ont concocté un joli mélange de disciplines artistiques, de l’art plastique à la bibliothèque, de la musique au VOG ou encore de l’écriture à La Source, mais également des expositions, des concerts.

L’occasion aussi de découvrir la nouvelle saison de la MJC Nelson Mandela, invitée VIP qui nous fait l’amitié de nous accompagner tout au long de cette journée.

Nous étions nombreux ce matin et cela récompense des mois de travail et de mobilisation de nos équipes, de nos agents municipaux, de leurs partenaires associatifs, des équipes artistiques pour faire de cette belle journée un événement qui restera cher à nos coeurs et nos mémoires.

Je souligne également l’esprit de transversalité qui a présidé à l’organisation de ces journées, dans les équipements et entre les élus.

BIB_Eluard_PODAujourd’hui ce ne sont pas seulement les hommes et les femmes de notre présent qui se réunissent pour partager un moment de fête et de découvertes.

Une foule invisible nous accompagne : la foule des figures d’hier et d’avant hier, des artistes, des décideurs, des défricheurs, des agents municipaux, des usagers qui depuis 50 ans ont rendu possible cette utopie concrète d’une culture ouverte à tous.

Au premier rang de cette foule, au milieu des gens, avec eux comme il aimait à l’être, Louis Maisonnat se tient là, pas très loin de moi.

Il nous parle en ce mois de décembre 1965, date de l’inauguration de ce batiment.

Je le cite «  la bibliothèque Paul Eluard sera un lieu de rendez-vous, pour tous les Fontainois enfants ou adultes, qui trouveront une littérature saine, riche où ils puiseront avec le divertissement, la certitude et la réalité de leurs espoirs ».

Voilà qui illustrent deux choses  :

La force du message et du travail de ce grand maire que fût Louis Maisonnat, avec sa vision d’une ville partagée et émancipatrice qui forge encore aujourd’hui mes convictions,

La portée d’une politique culturelle qui s’enracine dans une histoire, des aventures humaines, un fondement et des valeurs qui restent d’une grande modernité et qui nous guident dans nos choix actuels.

Je souhaite juste souligner les axes qui reflètent totalement ce que j’attends d’un service public de la culture et qui sont autant de points communs aux trois structures.

Il sont pour moi autant de priorités politiques au sens noble du terme :

– l’attention à la jeunesse, toute la jeunesse

– l’ouverture aux coproductions locales, au travail avec les partenaires,  

– la médiation et le travail pédagogique pour l’accès de tous les publics

– l’innovation, l’impertinence,

– le mélange, le brassage des pratiques artistiques, le métissage des influences et des cultures

– la concertation avec les usagers

– le décloisonnement des structures, la transversalité

– le goût du hors les murs, de l’aller vers

– des tarifs modestes et la gratuité le plus possible

un-maire-manifeste-pour-alerter-ses-concitoyens-sur-la-baisse-des-dotations-de-l-etat-aux-collectivites-devant-la-prefecture-de-la-gironde-a-bordeaux-le-19-septembre-2015_5418261Je sais que parfois certaines et certains acteurs aimeraient plus de moyens pour agir, non pas pour leur intérêt propre mais pour faire encore mieux pour leurs usagers ou leur public.


C’est légitime et nous porterons ensemble cette exigence de moyens dignes de l’ambition d’un projet de ville culturelle.

Mais ne nous mentons pas : le combat engagé contre les conséquences désastreuses des politiques d’austérité est rude et va encore s’amplifier.

Tous les jours l’actualité de certaines communes nous alerte sur des diminutions de budget, des annulations de festivals, des non renouvellement de contrats, des diminutions de cachet. A côté des grands événements vitrines , c’est l’ensemble des secteurs des pratiques culturelles et de l’art vivant qui subissent une attaque en règle, tout comme le monde du travail et le reste du secteur public. Les coups bas n’ont pas épargnés non plus les intermittents du spectacle, sans qui la création vivante ne pourrait exister. Je leur manifeste à nouveau mon soutien. 

Pour de plus en plus d’acteurs politiques et économiques, et malheureusement pour certains habitants, la culture est réduite à une option, une variable d’ajustement ou une vitrine au service du pouvoir local.

Cette attaque en règle, cela arrange certains qui ne tolèrent pas que la culture grandisse l’humain et l’émancipe.

j0taIcBdMais il faut reconnaître que des élus locaux de bonne foi sont également amenés à faire des choix douloureux, des sacrifices, confrontés qu’ils sont à des diminutions de ressources énormes.

Nous mêmes sommes à la veille d’une préparation budgétaire très difficile.

La décision gouvernementale de faire participer, contre leur gré, les communes et les intercommunalités à ce qu’il appelle « l’effort collectif de redressement des comptes publics » est une catastrophe pour nos finances locales.

Nous sommes dans une bibliothèque aussi je me permettrais de qualifier l’expression gouvernementale de bel exercice de « novlangue », cette langue de bois théorisée par l’écrivain visionnaire Georges Orwell dans « 1984 », une langue de bois destinée à nous faire prendre des vessies pour des lanternes, la guerre pour la paix, la haine pour l’amour.

En l’occurrence, le redressement des comptes publics est plutôt un effondrement de notre modèle social. La ponction de l’état sur nos budgets est un hold-up destiné à nous pousser à mener à notre tour une politique d’austérité.

Ce samedi 19 septembre est une journée de mobilisation de tous les élus locaux, des associations, des citoyens contre cette baisse des dotations de l’État.

C’est une opportunité que je saisis pour vous exposer les difficultés qui vont être les nôtres dans les années qui viennent si nous n’arrivions pas à faire reculer l’État.

Nous étions le 22 janvier dernier avec les maires d’Echirolles, de Saint Martin d’Hères, de Champs sur Drac, de Venon, les premières villes à manifester devant la préfecture notre colère et notre préoccupation. Depuis d’autres élus nous rejoignent dans notre mobilisation.

Je viens de cosigner un communiqué avec le maire de Grenoble et d’autres maires de l’agglomération pour exiger le retrait des mesures d’austérité qui s’inscrivent dans le carcan des règles européennes et de la finance mondiale.

Ces règles qui font des dépenses publiques et du service public les soi- disant ennemis de la croissance alors que nous savons bien nous élus et acteurs locaux, à quel point les gens ont besoin de cette redistribution sociale.

L’état veut reprendre 12 milliard d’euros aux collectivités locales pour respecter les fameux 3 % de déficit public des critères de convergence de la monnaie unique.

Pour rappel, les fuites fiscales sont estimées à plus de 60 milliards d’euros et les cadeaux fiscaux aux entreprises, sans contrepartie, s’élèvent à 30 milliards.

Pour Fontaine, la perte financière de la baisse des dotations de l’état sera d’au moins 2 millions d’euros d’ici 2017.

Compenser cette perte entraînerait des augmentations d’impôts d’au moins 20 % et cela sans compter les besoins financiers liés aux nouveaux projets de notre programme ou des initiatives des acteurs de notre commune.

Je vais illustrer mon propos à partir de la réalité du secteur culturel municipal à Fontaine : 2 millions d’euros c’est l’équivalent de l’ensemble des postes des équipements qui fêtent aujourd’hui leur anniversaire aux quels s’ajoutent les postes du service culturel.

Supprimer deux millions pourraient entraîner la fermeture de ces structures : cela signifierait plus de 60 postes à temps complet rayés de la carte, cela affecterait plus de 5000 usagers de la bibliothèque, plusieurs milliers de visiteurs du VOG, des centaines d’enfants de l’école de musique, les plus de 20000 spectacteurs annuels de la Source, les centaines de jeunes bénéficiant d’ateliers dans le écoles et les collèges. Avec derrière tout cela des centaines d’emplois « indirects » seraient supprimés ou en péril (intermittents, prestataires, commerçants).

Aujourd’hui, nous ne savons pas encore comment nous échapperons à ce couperet. Nous nous battrons, et nous avons besoin de votre mobilisation.

Nous sensibiliserons notre population et le budget de l’an prochain sera discuté avec elle. Nous mettrons tout sur la table.

Car cela vaut le coup de se battre.

Nous élus et acteurs porteurs des valeurs d’humanité et de progrès nous le savons bien : quand les barbaries reviennent, quand les fascismes ressurgissent, quand les logiques de guerre s’imposent à nouveau à des peuples, tous s’en prennent à deux dimensions de l’être humain.

Tout d’abord son corps, son intégrité physique (par les meurtres, les violences, les viols, les humiliations) puis ses capacités d’expression, son art, sa culture (destruction de patrimoine, destruction de centres culturels et artistiques, interdiction d’oeuvre, censures).

La culture est un besoin humain vital, comme l’air, comme l’eau, comme la nourriture. Souvenons nous qu’au plus profond de la nuit des camps de concentration nazi, des hommes et des femmes continuaient à créer des poèmes, des symphonies, des pièces de théâtre, avec presque rien, au mépris des risques. Pour rester debout, pour rester dans la chaleur de l’humain, pour survivre à l’horreur.

Pour perpétuer cette résistance, pour continuer à grandir en humanité, nous devons faire vivre et renforcer nos politiques publiques et le service public de la culture. Nous ne savons pas encore si nous pourrons garder le même niveau d’ambition : j’ai espoir que la raison l’emportera et que nous pourrons dans les prochaines années fêter de nouveaux anniversaires, célébrer de nouvelles pratiques culturelles artistiques, métissées, bouillonnantes comme notre jeunesse.

Alors profitons de cette belle journée de fête pour prendre des forces, puiser une nouvelle énergie et repartir à la conquête de nouvelles bastilles !

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